Christelle BITTNER

Un Poco du Perou dans tes oreilles .13

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Trece: Les trois derniers seront « si o si » péruviens… Exotisme de la Cote peruvienne avec Cuartero Continental, cumbia chaloupée: « eres bien bonita pero mentirosa »… ce qui veut dire « tu es bien jolie mais menteuse » Et oui encore des hommes qui pleurent.


L’heure du petit noir

La jungle ou je vis est domestiquée pour faire place à d’immenses plantations de café . Alors que les heureux élus de Mondoblog se félicitent je me rends compte que je ne vous ai finalement pas beaucoup parlé de cet Autre Pérou je me suis établie. Pour célébrer les débuts de la récolte du café, rattrapons cela.

Pichanaki est une ville du far-west. Un dédale de rues dont les principales seulement sont pavées, des bouts de piste en terre trouées sur lesquelles sautillent les mototaxis, une architecture de ciment et de tôles perpétuellement inachevée. En toute honnêteté, Pichanaki est assez laide. Mais elle a ses excuses. Le terrorisme ici dans les années 90 a fait fuir de nombreux propriétaires de la zone. Et quand les choses se sont calmées, la ville a repris un essor aussi fulgurant qu’anarchique.

De toute façon, personne n’y prête attention. L’urbanisme n’est pas encore une priorité, ce qui l’est c’est le Roi Café. En ce moment Pichanaki est dans cet état fébrile d’une femme sur le point d’enfanter. Tous prient pour la délivrance: les premiers grains récoltés qui effaceront les dettes et donneront naissance a de nouveaux rêves. Non que les gens consomment beaucoup du précieux nectar. Mon modèle de cafetière italienne est unique dans la ville et la première fois que des producteurs ont goutté à cette essence pure ils ont failli tourner de l’œil sous l’effet du petit noir serré. Le café, ici, on le vénère car il gouverne à lui seul l’économie locale.

Beaucoup possèdent des terres dans les collines environnantes, le charme du lieu pour les amoureux de la nature, et cultivent les précieux grains toute l’année en vue de la récolte qui a commencé depuis lundi. Sur les trottoirs, les terrains de jeux, au fond des cours: le grain couleur cannelle sèche aux quatre coins de la ville. Il faut trois jours pour qu’il atteigne le degré d’humidité ad hoc.

La ville en ce moment est donc un ballet interminable de camionnettes 4×4 qui emmènent vers les collines et ses grains mûrs des dizaines de saisonniers venus des régions montagneuses du Pérou. Toute la semaine, les rues se vident: la frénésie court dans les plantations.

Des les premières lueurs de  l’aube les travailleurs partent, paniers en osier fixés aux hanches, en quête du grain rouge prêt à être récolté. Et ce jusqu’au soir où il sera trié et lavé. La vie est rude, le sol boueux, la couleuvre une collègue de travail impromptue, mais le salaire est correct. Encore plus cette année où il se murmure que le café sec ou « verde » comme on dit ici se vendra 10 soles le kilo (quelques 3 euros), un record pour la zone.

Le samedi les camionnettes descendent avec à leur bord 10 hommes qui n’ont qu’une quête : se divertir, aller danser au son de la cumbia et vider autant de cerveza (bière) que leur corps titubant leur permettra… Le dimanche ils remonteront et sueront les erreurs de la veille sur un terrain de foot en attendant l’aube suivante.

Le rythme des allers et venues, des ouvriers achevant leurs nuits devant la maison du patron, des sacs de café qui s’accumulent jusqu’au pied du lit, va durer jusque fin mai ou juin: quand le caféier, détroussé jusqu’au dernier grain sonnera la fin de la récolte.

Puis la saison chaude viendra, la terre s’asséchera, les hordes de saisonnier repartiront et ceux qui ont eu la patience et l’énergie de mener la récolte oublieront leur labeur dans les eaux fraîches des torrents qui sautillent.

 

 


Un poco du Perou dans tes oreilles. 12

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

 Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Onze: La salsa c est forcement meilleur quand c est colombien… « El amor de mi vida se fue », Grupo Galé.

[youtube Y9SJxwMSf5k]


Un poco du Pérou dans tes oreilles .11

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

 Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Onze: On se réveille en rythme. L autre gros succès boum boum, c est « Maquina » de DJ Finger s, qui, comme son nom ne l indique pas est bel et bien péruvien, lui… Enfin!!

[youtube QjKHRFJ69DE]


Un poco du Pérou dans tes oreilles .10

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

 Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Dies : Ils sont si populaires ici que j avais annoncé partout leur identité péruvienne, raté! Un mélange sucré de Puerto Rico, République Dominicaine et Etats-Unis au son de la bachata… Flow sensuel, rythme collé serré, ils ont meme eu en France un breve popularite… Aventura « La curita ». Fermez les yeux…


Un poco du Pérou dans tes oreilles .9

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

 Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Nueve : Un peu de douceur et de salsa. Encore un vénézuelien adopté ici… Samir Bazzi  » Tu eres la unica ».

[youtube bEjdfdwyYFk]


Un poco du Pérou dans tes oreilles .8

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Ocho : Daddy Yankee, deuxième empereur bling bling de cette sélection, était partout lors de mon premier passage au Pérou en 2009. Depuis la concurrence fait rage au royaume du reggaeton et des hanches qui s agitent ferme, mais il tient le cap. « Prende » est son dernier hit en stock.

[youtube Reg8u4vfWQQ]


Au Pays des Enamoradores

« Enamorar » en espagnol c’est comme « tomber amoureux » en français, sauf, et le détail est de poids, qu’il s’agit ici d’un verbe d’action. Point de petite fleur bleue romantique qui attend, languissante, son prince charmant, on part à la Conquête, fleur au fusil, on essaie, on tente, on ne se laisse pas vaincre. Au Pérou le terme est beaucoup utilisé et sa gente masculine des guerriers de la Drague. Bienvenue au pays des Enamoradores.

Moi aussi j’avoue j’étais sceptique en posant les pieds au Pérou. Car sans vouloir tomber dans les clichés l’Homme péruvien n’apparaît pas en premier ligne des fantasmes féminins et d’ailleurs il n’aurait aucune raison d’y être. Petit, rablais, souvent un ventre naissant, le visage caramel mais les traits un peu grossiers, de sex-symbol on est en loin… Au contraire si je vous dis Brésil vous voyez des Appolons caramel défiler en légion, des afros-brésiliens ceinturés dans leur pantalon blanc de capoeiriste et torse nu… Si je vous dis Argentine vous imaginez en gaucho en selle sur son cheval galopant la plaine et descendant de sa monture en vous couvrant de « rrr » affriolants… Si je vous dis Colombie vous avez en tête un salsero et ses pas endiablés qui vous entraîne collé-serré au bout de la nuit… Bref, ne nous égarons pas. Tout cela pour vous dire que le plus fort taux de testostérone d’Amérique latine je ne l’aurais certainement pas situé au Pérou.

C’est que j’avais omis trois détails: des prunelles noires qui ne vous lâchent pas, un sourire franc et une volonté à toute épreuve. Le Péruvien drague absolument partout, avec une assurance inébranlable, et, au moindre sourire de la demoiselle, se sent adoubé pour tout oser. Moi qui reçois ici dans la jungle beaucoup de volontaires, je vous l’assure: ça marche. Pas de temps d’hésitation, pas de permissions, ils vous entraînent dans la danse, vous serrent d’une main ferme et posent un baiser avant que vous n’ayez eu le temps de penser. Ils ont compris la clé du succès: ne pas laisser à la demoiselle le temps de plonger dans les éternels atermoiements féminins. Décider pour elle. Tout cela relève biensûr du risque calculé mais, chaque fois que je vois le Miracle des Enamoradores péruviens prendre forme sous mes yeux, je reste bouche bée.

Evidemment la chance n’est pas chaque fois au rendez-vous mais, puisque il la saisissent à la moindre étincelle, elle est forcément multipliée. Cela fait donc deux fois que, en faisant mes courses au supermarché, littéralement entre l’allée des fromages et de la charcuterie ( car à Lima, ça existe), on attrape mon regard au vol et se lance… « que vraiment, que excusez moi mais jamais, non jamais, je n’avais vu une fille aussi jolie… » La fille la plus jolie du supermarché, de la ville, du monde entier bien souvent, la flatterie n’a plus de limite tant qu’au fond des prunelles noires brillent un savant mélange de désir et de sincerité. L’un d’entre eux devait bien avoir 60 ans mais il ne semblait même pas s’en être aperçu. Ne pas se remettre en question et jouer de ses atouts, tel est le secret.

Dans la rue ils vous brûlent des yeux et si vous avez l’ innocence d’esquisser un début de conversation vous vous retrouvez en quelques secondes avec votre main au creux des siennes sous la pluie de poésie de votre preux chevalier. Le terme a même un nom: le « piropò », l’art de flatter, de faire succomber les belles sous la douceur des adjectifs, de leur dessiner un chemin de fleurs qu’elles entraîneront dans leur sillage.

Devrais-je préciser que ce miel prend peu auprès des demoiselles dudit pays, habiles à voir briller davantage le désir que la sincerité, repues des flatteries et des mensonges qui les accompagnent et surtout désabusées de ces Enamoradores qui, telles des girouettes, vont où le vent les portent. Elles s’en méfient, sourient parfois mais ne se laissent pas brûler ou, sur un principe établi comme un contrat: le « choque et fuga »-« entrer en collision et prendre la fuite », l’équivalent de notre coup d’un soir.

Mais les fleurs bleues européennes ou américaines tombent comme les blés, fauchées par tant d’assurance. Habituées aux discours ambigus, aux dragueurs lourds-dingues, aux êtres torturés ou à ceux qui vous font signer un contrat de deux pages avant le premier baiser, elles s’étonnent de tant de simplicité et, main dans la main avec leur Enamorador, se demandent encore comment tout cela a eu lieu.

Le hic c’est que l’étape suivante c’est le mariage et les enfants, se projeter, vivre à toute force. Pourquoi réfléchir, prévoir, planifier? La vie décide, on la suit. Et là entre la fleur bleue et l’Enamorador c’est souvent le clash. Les flatteries ne suffisent plus. Et la Conquête se transforme en traité où l’on négocie points par points tentant d’aplanir les différences culturelles, mais ça c’est une toute autre histoire, celle de la réalité d’un coouple dans beaucoup beaucoup de pays.


Un poco du Pérou dans tes oreilles .7

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Siete: Ils s appellent Chino y Nacho et apparemment ça n a pas porte prejudice a ce duo pop venezuelien. Leur « Mi nina bonita » a raflé le titre de « meilleur album de musique urbaine » aux Grammy Latino. Laissez vous entrainer.

[youtube Oe1fRwgGu5E]


Un poco du Pérou dans tes oreilles .6

Le top 15 de ce qui fait danser les péruviens dans les discos dont je vous parlais ici.

On les entend en boìte, dans les combis (les mini bus qui parcourent la ville), dans les magasins, grace à la radio du voisin… Bref on n échappe pas à ces 15 tubes là.

 Chaque mercedi et chaque samedi, un nouveau hit local.

Numero Seis:  » Dejame entrar » de Makano. Il vient du Panama et nous chante ce que les experts appellent du « reggae roamantic flow ». Déjà plus collé serré il fait monter de quelques degrés la sélection.